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Sénégal : Les 9 homosexuels libres - La défense crie victoire

Publié le 21 avril 2009

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Les 9 homosexuels sénégalais rendus célèbre par leur condamnation à 8 ans de prison ferme sont libres. La Cour d’appel en a décidé ainsi depuis hier lundi 20 avril 2009 (matin). Cette décision intervient quelques mois après la sortie au plus haut niveau des autorités françaises demandant leur libération et la dépénalisation de l’homosexualité.

Les 9 homosexuels sénégalais condamnés il y a 6 mois pour « relations contre-nature et d’association de malfaiteurs » sont libres depuis hier lundi 20 avril 2009. Ils peuvent pousser un grand ouf de soulagement de la prison de Rebeuss où ils séjournent. La Cour d’appel de Dakar en a décidé ainsi ont informé nos confrères de la Radio futur média (Rfm). La juridiction ne s’en est pas arrêtée là. Mieux, elle a purement et simplement annulé les procès-verbaux de la police pour vice de procédure. La défense qui attendait ce jour de liberté déplore non seulement la longue détention de ces clients, mais aussi invite le Sénégal à respecter davantage ce qu’elle appelle « la liberté sexuelle ». Selon Me Assane Dioma Ndiaye, un des conseiller des prévenus, par ailleurs président de l’Ondh, cette libération est résultat d’un travail d’équipe. En effet, à l’en croire, lui et ses confrères ont, dans leurs plaidoiries montré, « avec juste raison et conformément à la loi, qu’il y avait violation de la procédure pénale, qu’il y avait violation de la vie privée, violation du droit à la propriété. Et au total, la violation du droit à la défense ».

Par conséquent, la Cour qui a annulé la procédure pénale et le procès-verbal de la police a ordonné la main levée du mandat de dépôt. Pour ce qui est des actes contre-nature, Me A Dioma Ndiaye a rappelé que ces « personnes ont toujours affirmé qu’on ne les a pas trouvées en flagrant délit. Et c’était l’objet du procès. Et par rapport aux éléments du dossier, aucun élément par rapport aux préventions ne pouvait amener le juge encore moins les enquêteurs à assoir une procédure pénale de nature à entraîner une condamnation de 8 ans » a-t-il martelé.

Dans la même veine, la défense qui salue le courage de la Cour, déplore toutefois la longue détention de leurs clients. « C’est dommage qu’on ait pu priver des citoyens d’une aussi importante partie de leur vie. Il faut saluer le courage de la Cour et de ses membres parce qu’on sait qu’il y a eu des pressions énormes. Mais pour nous militants des droits de l’homme, notre obstination est plus forte que notre dévouement. Nous sommes dans le cadre de la vie privée. Nous pensons qu’on ne peut pas les condamner. Chacun est libre de jouer de sa liberté pour autant qu’il ne nuise pas à la liberté d’autrui » a-elle reconnu.

Avec cette page des 9 homosexuels qui est tourné, les avocats pensent qu’il est important que les libertés, surtout sexuelles, soient respectées au Sénégal.

Les autorités Françaises au plus haut sommet avaient demandé, il y a quelques mois la libération de ces homosexuels ainsi que la dépénalisation de l’homosexualité. C’était lors d’un conseil des ministres. En réponse, le barreau du Sénégal, ému de cette sortie, avait, à travers Me Mame Adama Guèye bâtonnier de l’ordre des avocats, interpellé publiquement le Chef de l’Etat Me Abdoulaye Wade cette pression de Paris sur la justice Sénégalaise.

Auteur : Ibrahima Diallo

Source : Sud Quotidien

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