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Représentativité dans le gouvernement : les femmes dénoncent leur marginalisation

Publié le 10 juin 2009

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Les différents acteurs de la scène politique et de la société civile continuent de réagir à la nomination du nouveau gouvernement sénégalais. Plusieurs grilles de lecture ont été utilisées afin de comprendre les logiques qui ont présidé aux choix de telle ou telle autre personnalité pour occuper un poste ministériel. Le Conseil National des Femmes (COSEF) pour sa part, analyse le gouvernement du point de vue genre.

L’organisation de la société civile COSEF a publié un communiqué analysant la manière dont elle perçoit la composition du gouvernement nommé le 01 mai dernier. D’emblée, les membres du COSEF ont exprimé leur déception et dénoncé la sous-représentativité des femmes dans ce gouvernement. En fait, parmi les 32 membres de la nouvelle équipe, seules 05 sont des femmes. Le COSEF a évalué cette représentativité par un ratio de 15,15% qui a subi une légère amélioration par rapport à la composition précédente (14,70).

Et pourtant, rappelle le communiqué, « la loi favorise l’égal accès des hommes et des femmes aux mandats et postes ». Ce principe d’égalité des chances affirmé par la constitution en son article 7 ne se matérialise pas à travers cette nouvelle équipe. Au contraire, le COSEF constate une marginalisation des femmes qui était déjà visible depuis la confection des listes d’investiture aux dernières élections locales. En plus, cette situation est également contraire aux engagements maintes fois réaffirmés par le Président de la République. Ce dernier s’est toujours déclaré garant d’une participation plus affirmée des femmes dans la gestion des affaires publiques.

En tout cas, selon le COSEF, le sort réservé aux femmes dans l’accès aux instances de décisions dénote « une forme de violence à leur égard ». Et pour réparer cette injustice, les femmes sonnent la mobilisation autour de leurs causes afin de rééquilibrer les rôles que jouent l’homme et la femme dans le processus de prise de décisions. Elles pensent que si ce déséquilibre n’est pas rectifié à temps, il va plomber tous les efforts de développement menés à différents niveaux de la vie économique et sociale.

Au regard de la place centrale qu’occupent les femmes dans la société, le COSEF interpelle tous les hommes soucieux de justice sociale et de l’Etat de droit, les organisations de femmes de même que l’ensemble des associations de défense de droits humains en général « à se mobiliser davantage pour que soient prises des dispositions qui inscrivent la femme au cœur de la décision ». Evidemment, il faudra surtout garantir la mise en oeuvre effective de telles dispositions égalitaires dont l’essentiel est déjà explicitement prévu par la loi sans effet immédiat.

Auteur : Talibouya Ba

Source : The dakar Times

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