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Les millions qui sèment la discorde

Publié le 13 juillet 2009

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Pape Samba Mboup s’était récemment rendu dans la banlieue dakaroise pour une action pré hivernale d’aide aux populations des zones inondables dans les villes de Pikine et à Guédiawaye, sans passer par les mairies. En remettant plus de trente millions FCFA à des leaders d’associations communautaires, il ignorait sans doute que cet argent allait semer la zizanie au sein des populations.

A quelques encablures des inondations qui se profilent à l’horizon, Pape Samba Mboup, Conseiller du Président de la République, s’était récemment déplacé à Pikine et à Guédiawaye où il a remis plus de trente millions FCFA à des associations communautaires, dans le cadre d’une action de soutien aux populations hantées par le fléau des temps modernes. Cet argent, « remis à des responsables libéraux ou à des membres de la Génération du Concret dans la banlieue », selon des sources concordantes, est en train de semer la confusion au sein des populations, qui dans certains quartiers, sont en train de demander qu’on leur remette leur part.

Les jeunes de Wakhinane 1 dans la commune d’arrondissement de Tivaouane-Diacksao ont évité de justesse de se donner en spectacle à l’image des jeunes de Djiddah Thiaroye Kao pour récupérer leur part des mains de leurs « amis » de Diack sao 1 qui ont reçu 4 millions FCFA. « Nous avions fait les démarches ensemble avec les jeunes de Diack sao 1. Quand l’argent est venu et que nous étions allés récupérer notre part pour mener nos activités, ils nous avaient sommés d’aller exécuter notre programme qu’ils allaient financer comme s’ils étaient des bailleurs.

Ce que nous avions refusé », a expliqué Maguèye Thiam, membre de l’association « Jaaxle » de Wakhinane 1. « Après maints pourparlers, ils nous ont finalement remis 1 300 000 FCFA que nous avons accepté après concertation. Nous aurions pu nous battre comme les jeunes de Djiddah Thiaroye Kao, mais nous ne l’avons pas fait », a-t-il poursuivi entouré de ses camarades Khalifa Teuw, Vice coordonnateur de l’association, Khalifa Sagna, Coordonnateur et Pape Kane, Secrétaire administratif.

A Diacksao 1, Mass Lèye, Coordonnateur de l’Association pour la Renaissance de Diacksao, a déclaré qu’ils ont longtemps travaillé dans le cadre des inondations pour bénéficier de cet appui des autorités étatiques. « Nous avions un forum avec le Mouvement national d’action patriotique au Cices au sortir duquel nous avions soumis un rapport au Président de la République, au Premier ministre et au Président de l’Assemblée nationale », a-t-il déclaré pour conforter son droit de recevoir l’argent qui est destiné, toujours selon lui, « au cuirage des canalisations, à dégager les ordures ménagères, à réhabiliter les bassins, à creuser des tranchées pour faciliter le passage des eaux de pluies à venir ».

Pourquoi cet argent n’est-il pas passé par les mairies ? Pourquoi les maires ne sont-ils pas impliqués dans cette action en tant qu’autorités locales ? Est-ce une stratégie politicienne pour les mettre à mal avec les populations ? De toute manière, la question de la gestion des inondations est très sérieuse pour faire figure d’arène politique. C’est une affaire de l’Etat.

Auteur : r Cherif FAYE

Source : Sud Quotidien

Date de publication : 12 juillet 2009

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