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BONNE GOUVERNANCE DEMOCRATIQUE AU SENEGAL Les acteurs non étatiques à l’école de l’Institut Panos

Publié le 27 août 2008

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Consolider et élargir la communication citoyenne pour une gouvernance démocratique au Sénégal afin que les populations, y compris celles marginalisées, puissent bénéficier d’une information socialement plus pertinente qui leur permette d’être des citoyens plus actifs dans les débats publics. C’est l’objectif global d’une session de formation des acteurs non étatiques ouvert depuis hier Dakar à l’initiative de l’Institut Panos Afrique de l’Ouest.

La décentralisation survenue au Sénégal en 1996 offre de nouvelles opportunités et pose d’importants défis aux collectivités locales qui « constituent le cadre institutionnel de la participation des citoyens à la gestion des affaires publiques » (article 102-Constitution). Dès lors, la gouvernance locale devient des champs privilégiés d’engagements des Acteurs non étatiques (ANE), des Organisations de société civile (OSC) et des Organisations communautaires de Base (OCB) dans la construction du développement local durable et dans la lutte contre la pauvreté.

Seulement, l’étude portant cartographie de ces acteurs non étatiques révèle des manquements, aussi bien dans les domaines de la formation que de la communication, qui entravent l’exercice de leur responsabilité sociale et leur plein épanouissement. C’est pour corriger ces insuffisances et rendre visible les actions sur le terrain que l’Institut Panos Afrique de l’Ouest (Ipao), en partenariat avec le Projet d’appui au programme national de bonne gouvernance (9è FED) le gouvernement du Sénégal, organise, depuis hier à Dakar et ce jusqu’au 28 août, une session de formation des organisations de la société civile sur « l’accès aux médias ».

Il ressort de cette rencontre que les attentes de la presse ne sont pas forcément les mêmes que celle des ANE en matière de couverture médiatique. Pour ces derniers, le journaliste doit aller dans le sens de la maîtrise des jargons utilisés en développement. Pour cela, il doit approcher ces acteurs auxquels il revient la responsabilité d’élaborer un « plan de communication pour régler certains manquements ».

Suffisant pour que Mame Less Camara, journaliste formateur, déconseille ces acteurs non étatiques d’être « un partenaire attentiste. Il faut aplanir les choses et Que personne n’attende de l’autre ce qui n’est pas l’attente de l’autre ». Selon lui, et les invite à être « maîtresses » de leur sujet. Selon lui, « en vérité, il appartient à ces acteurs de réussir à attirer l’attention du journaliste pour qu’il puisse aller dans le sens de donner d’amples informations ».

A l’en croire, « le journaliste, ce n’est pas quelqu’un qui sait, mais celui qui sait comment savoir ». Et, l’enjeu de l’information est tellement important qu’il est insupportable de voir des éléments biaisés. D’où la nécessité « de mettre les informations à sa disposition, de rendre visible les choses qu’il ne voit pas. A lui d’en faire bon usage » conseille Mame Less Camara. Cependant, pour aller vers médias, les ANE ont besoin d’outils comme les communiqués, conférences de presse, etc. Mais, ils doivent, auparavant, « faire le point, savoir qu’est-ce qu’ils ont à dire en termes de volume et de spécificité ? Est-ce que ce sont des choses faciles à dire ? » précise le journaliste formateur.

Ce séminaire de trois jours entre dans le cadre du projet « Consolider et élargir la communication citoyenne pour une gouvernance démocratique au Sénégal ». Il a pour objectifs de contribuer à améliorer l’environnement et le cadre politique, juridique et organisationnel de la communication et de renforcer les capacités des médias à produire une « information socialement plus pertinente, plus professionnelle et plus éthique ». S’y ajoutent le renforcement des capacités des autres ANE (OSC) à utiliser les médias et à développer leurs propres médias et le renforcement de la coopération au sein des ANE indique son coordonnateur, Libasse Hanne.

Pour ce qui est des attentes, les organisateurs estiment qu’au terme de la formation, les ANE devraient pouvoir rédiger un communiqué de presse et préparer un dossier de presse. Ils sauront identifier les médias ressources en fonction de leurs cibles et/ou des objectifs visés dans leurs campagnes afin de permettre aux « populations, y compris celles marginalisées, de bénéficier d’une information socialement plus pertinente qui leur permette d’être des citoyens plus actifs dans les débats publics ». De même, non seulement les préoccupations des communautés sociales marginalisées et des OSC devraient être davantage pris en compte dans les médias, mais aussi le public et les ANE auront « accès à une information transparente » et pourront « mieux veiller sur l’action publique et sur une meilleure gouvernance économique ».

Auteur : Ibrahima Diallo

Source : Sud Quotidien

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