
La bonne gouvernance consiste à impliquer dans les affaires d’intérêt public les organisations de la société civile, les médias et, bien sûr, les populations elles-mêmes. Cette dimension participative est capitale. À titre d’exemple, dans la région de Kolda au Sénégal, l’IPAO a mis l’accent sur la décentralisation, autrement dit sur la capacité des populations, à l’échelle départementale ou locale, à influer sur la gestion de la chose publique. La gestion du budget des collectivités locales est une illustration significative de ce processus.
La gouvernance intervient également dans le cadre des processus électoraux, qu’il s’agisse de favoriser une bonne information des populations sur les enjeux débattus à cette occasion ou de garantir la transparence et la sincérité d’un scrutin. C’est ainsi que dans la perspective des élections présidentielle et législatives qui se sont tenues au Sénégal en 2007, nous avions conduit, à l’intention des médias et de la société civile, des actions de sensibilisation dédiées au « monitoring » des élections.
Au fond, la gouvernance caractérise toute dimension de la vie publique influant sur la vie des citoyens (droit à la santé, à l’éducation, à l’information, etc.) et à propos de laquelle on déplore parfois une implication insuffisante des principaux concernés.
En Afrique de l’Ouest, la gouvernance démocratique se heurte à plusieurs types d’obstacles : le manque de transparence des institutions publiques ; la compétence souvent insuffisante des décideurs, qui limite leur influence sur les négociations internationales ; la réticence manifestée par ces mêmes décideurs à mettre en place des mécanismes d’autoévaluation des mécanismes démocratiques ; enfin, l’insuffisance de processus favorisant la participation des citoyens à l’élaboration et au contrôle des politiques publiques.
L’IPAO s’intéresse en particulier au rôle joué par l’information comme facteur de la bonne gouvernance, afin d’impliquer les populations dans la gestion des affaires publiques et leur permettre d’être informées sur les enjeux qui les concernent sont des conditions sine qua non à la bonne gouvernance démocratique. À l’échelle globale aussi bien que locale, l’Institut Panos De l’Ouest contribue à expérimenter des pratiques innovantes susceptibles d’améliorer la gouvernance en rapprochant les citoyens africains des cercles de décision.